Shia 974" Chiite à l'Ile de la Réunion


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Shia 974 (Chiite Réunion) - Les Majaliss

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Exposé Mouharram 2008 - N°1



Mes chers parents, frères et sœurs dans la foi,

Assalamou Alaykoum Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouhou !

Il y a, juste une semaine, le monde vient de célébrer avec faste et dans l’allégresse, chacun à sa façon, son entrée dans l’ère d’une nouvelle année.

Les Musulmans, et, tout particulièrement, nous, les Shias, les fidèles de l’Imam Houssain a°, faisons ses adieux à l’année 1428 de l’Hégire et traversons, à présent, le seuil d’une nouvelle année lunaire, à la différence des autres, dans les larmes et le deuil.

Semblable à ce bébé qui vient dans ce monde et ouvre, la première fois, ses yeux, en criant et pleurant, au milieu de ses parents et êtres chers qui sautent de joie en le voyant verser des larmes. Pourquoi ? Parce que les larmes sont le signe de la vie. Les premières minutes du nouveau-né démarrent par les pleurs, la première page de sa vie sur ce globe s’écrit à l’encre de larmes, son printemps débute par les sanglots.

Semblable au Prophète Adam a° qui, venant du Paradis, mit pied sur terre tandis que de grosses gouttes de larmes ruisselaient sur ses joues. Il inaugura, donc, la venue du premier homme, dans ce monde, par les lamentations, il planta l’arbre de l’humanité en l’arrosant de ses pleurs, la planète accueillit son premier hôte, tels les parents du nouveau-né, avec des larmes qui coulaient de ses yeux en filets d’eau.

Hazarat Hamzah, fils d’Abdoul Mouttalib et l’oncle du Saint Prophète (saw), tomba martyr à la Bataille de Ohod, en l’an 3 de l’Hégire. C’était la seconde grande bataille de l’Islam, après la Bataille de Badr.

Lorsque le Messager d’Allah, revenant à Madinah, de retour de cette bataille, entendit des pleurs dans toutes les maisons des martyrs, sauf dans celle de Hazarat Hamzah, demanda :

« Personne ne pleure Hamzah ? »

Cette parole se répandit rapidement dans toute la ville de Madinah. Les femmes qui avaient perdu leur fils ou leur mari se précipitèrent vers la maison de Hazarat Hamzah pour le pleurer, par respect pour le Prophète (saw) et pour Hamzah, son oncle.

Lorsque Ibrahim, le fils du Saint Prophète (saw) et de Mariyà la Copte (l’Egyptienne), âgé à peine de quatorze mois, décéda à Madinah, l’Envoyé d’Allah le pleura à chaudes larmes.

Ces deux évènements, cités à titre d’exemple, révèlent que l’Islam est favorable à ce que les gens pleurent leurs martyrs, surtout ceux de Kerbala et, en particulier, l’Imam Houssain a°, le Maître des Martyrs, car pleurer le martyr c’est participer à son épopée, c’est sympathiser avec son esprit et sa cause, c’est s’accorder avec ses activités, ses mouvements et son courant.

Les pleurs sont spécifiques à la nature humaine, ils sont la manifestation extérieure des douleurs, tout comme les rires qui traduisent la joie. Les pleurs laissent des traces profondes dans les sentiments humains, ils expriment de l’amour en impliquant une sortie du cadre égoïste de «moi.» Dans de telles situations, l’homme ressent la proximité de la personne bien aimée qu’il pleure et s’associe à elle, à ses idées et à ses actes.

Ô mes chers et respectueux Azadarané Imam a° !

Je ne voudrais pas m’étaler plus longuement sur ce point, car Maolana Sahib me succèdera pour réciter le Majelisse de cette nuit. Avant de mettre fin à ce bref speech, je souhaite l’habiller de plusieurs Hadiths tirés de Biharoul Anwar qui nous confirmeront les bienfaits des pleurs :

L’Imam Houssain a° disait de lui-même :

« Je suis le tué qu’on pleure de larmes intarissables. Aucun Croyant ne m’évoque sans qu’il ne se mette à pleurer. »

L’Imam Jaafar As Sadiq a° rapporte de son père, l’Imam Al Bàqir a° :

« Celui qui verse une larme, même de la taille d’une aile de mouche, sur ce qui est arrivé à l’Imam Houssain a°, Allah lui pardonnera ses péchés, même s’ils étaient de la grandeur de l’écume de la mer. »

« Toute chose pleura sur lui (l’Imam Houssain a°), même les bêtes sauvages dans les déserts, les poissons dans la mer, les oiseaux dans le ciel. Pleurèrent aussi sur lui, le soleil, la lune et les étoiles, le ciel et la terre, les Croyants des hommes et des Djinns, l’ensemble des anges des cieux et des terres. Il plut, du ciel, du sang et des cendres. Aucune pierre n’était retournée sans que l’on ne trouvât, en dessous d’elle, du sang frais. »

Et, mes chers parents, frères et sœurs ! Comment ne pas pleurer quand le ciel et la terre pleurèrent l’Imam Houssain a°, au moment de la Tragédie de Kerbala ! Nos cœurs seraient-ils plus durs que la pierre ?

INNA LILLAAHI WA INNA ILAYHI RAJIIOUNE

Article: Nissarhoussen RAJPAR


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