Menu principal:
Les Majaliss > Les Exposés
Les exposés
Exposé Mouharram 2008 - N°9
Mes chers et respectueux parents, frères et sœurs endeuillés,
Assalamou Alaykum Wa Rahamatullahi Wa Barakatouhou !
Je me sens très honoré de m’adresser devant une assemblée si nombreuse, réunie pour écouter la tragédie de la Parure de la Jeunesse, celui qui ressemblait le plus au Messager d’Allah (c’était la même taille, le même visage, la même attitude, les mêmes manières, et surtout la même voix, la même éloquence), l’enfant plein de piété, le fils juste, le beau jeune homme, l’exemple élevé de la noble morale, Ali AKBAR, le fils de l’Imam Houssain a°. Il ne dépassait pas la vingtaine.
C’était la marque de l’affection de l’Imam a° pour ses parents H° Ali a° et H° Fatima Zahra a° de donner à ses deux filles le nom de Fatima et à ses trois fils le nom de Ali. Celui qui vécut après les évènements tragiques de Karbala s’appelle Ali Zaynoul Abhidine, notre 4è Imam a°, tandis que les deux autres tués à Karbala se distinguent par Ali Akbar et Ali Asghar.
Jusqu’à maintenant, un Compagnon différent donnait l’Azan de la Prière du matin. A l’aube d’Achoura, l’Imam Houssain a° choisit son propre Muezzin. Il ordonna au fils de Hazarat Laïla d’accomplir cette tâche.
« Ô Ali Akbar ! Quand tu fais l’Azan, montres ton visage aux soldats ennemis ! En même temps qu’ils entendent la voix du Prophète d’Allah, ils voient son visage ! » Recommanda l’Imam a°.
C’était le dernier Appel au monde du jeune Ali Akbar.
« Hal minn Nassérine Yann-sourounà ! Hal minn Moughissine Youghissounà ! » N’y a-t-il personne pour nous secourir ? N’y a-t-il pas une aide pour nous soutenir ? Est le dernier cri éternel de l’Imam Houssain a°, qui ne cesse, même de nos jours, de vibrer entre ciel et terre !
Quelle aide pourrions-nous apporter à notre Imam a° ? Quel soutien pourrions-nous lui témoigner ? Ceux-ci ne s’arrêtent pas aux pleurs et larmes que nous versons, à la flagellation de la poitrine que nous pratiquons, leur champ est beaucoup plus vaste. Aidez les pauvres et nécessiteux, relevez les faibles, comportez-vous avec justice et équité, saluez votre frère et rappelez-vous, dans la vie, de la fraternité qui existait entre H° I° Houssain a° et H° Aboul Fadhlil Abbas a°, nés du même père, mais de mère différente, soutenez les enfants qui sont le phare de la Communauté, portez votre soutien aux malades, essuyer les larmes de votre prochain. « Ils ne comprennent pas que ces oraisons funèbres, c’est-à-dire les Majalisses, forment l’homme et construisent sa personnalité ! » Ces derniers mots ne sont pas les miens. Ils émanent de l’Imam Rouhoullah Al Khomeyni et réclament une réflexion profonde !
Respectueux Azadarané Imam a°,
Quelle terrible journée ce dixième jour de Mouharram ! L’Imam Houssain a° se trouva seul sur la terre de Karbala. Ses compagnons, ses frères et ses cousins, ses neveux et ses fils, tous l’avaient devancé auprès d’Allah. Il se rendit à la tente des Dames. Les femmes, les enfants et les nouveaux-nés avaient soif. Cinq mille soldats de Yazid s’étaient installés sur les bords du fleuve Euphrate. L’eau était permise à tout le monde, les animaux pouvaient s’en désaltérer, sauf la Famille du Saint Prophète ! Il n’y avait plus d’eau au campement de l’Imam a° depuis le 7 Mouharram.
Parmi eux se trouvait Ali Asghar, le nourrisson à peine âgé de six mois, fils de l’Imam Houssain a°. Sa mère, Rabab, fille de Amrul Qaïs, regardait avec désolation son bébé déshydraté, au visage jaune, aux lèvres desséchées, il avait du mal à respirer, il haletait et ne cessait de pleurer.
De temps en temps, les autres femmes lui prenaient son bébé pour la soulager, le berçaient, essayaient de le calmer, puis le lui rendaient, pensant qu’enfin de compte, il voulait sa mère.
L’Imam Houssain a° offrit ses deux enfants sur l’autel du sacrifice pour l’Islam : d’abord, son fils Ali Akbar, appelé Youssoufé Sâni ou le Joseph de Karbala, pour lequel l’Imam déclara, avec tristesse et douleur, au moment de son départ vers le champ de bataille, en levant ses mains vers le ciel : “ Ô Allah ! Sois le Témoin contre eux… Celui qui va se battre maintenant est celui qui ressemble le plus à Ton Messager….. Si le Prophète venait à nous manquer et que nous désirions le voir, nous le regardons ! ”
Ensuite, vint Ali Asghar que l’Imam Houssain a° apporta sur le champ d’honneur, devant des milliers de soldats de Yazid, leur demanda de lui donner un peu d’eau, en le levant, dans ses bras, à deux reprises. Il le posa même, une fois, sur le sable brûlant et s’écarta plus loin, pour éviter tout soupçon. Hélas ! Une flèche à trois têtes quitta l’arc de Hourmallah, traversa le bras de l’Imam et logea dans le petit cou du nourrisson. Je vous laisse imaginer, cher auditoire éploré, cette scène déchirante devant laquelle je me courbe pour ne pouvoir la raconter.
Avez-vous jamais entendu qu’un père creusât la tombe de son propre fils ? On ne le vit qu’une fois. Et, ce fut à Karbala, par le petit fils du Saint Prophète. Faute d’eau, L’Imam Houssain a° arrosa la petite tombe de ses larmes !
INNA LILLAHI WA INNA ILAYHI RAJIIOUNE.
Article: Nissarhoussen RAJPAR