Shia 974" Chiite à l'Ile de la Réunion


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Shia 974 (Chiite Réunion) - Les Majaliss

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Résumés des majaliss


Discours programme spécial Miladoun Nabi


Bismillaahir Rahmaanir Rahiim

« Wama Ar’salnàka Illa Rah’matan’lil Aalamîne »

(Nous ne t’avons envoyé que comme Miséricorde pour tous les mondes.)


- Sourate Al Ambiyah, n° 21, Verset 107 –



(Je suis le dernier à gravir les marches de ce Mimbar pour clore le programme de ce soir comme le Saint Prophète aussi a clos la Prophétie)

Littéralement, le mot « Khoums » signifie le 1/5. A partir, donc, de ce sens, toute chose peut avoir son Khoums, et le Majelisse aussi.

Notre programme, en cette nuit, comporte 5 Takrir ou discours dont 4 seront en gujarati qui est notre langue maternelle que chacun doit savoir parler, comprendre, écrire et lire et, il va de soi, que le 5è Takrir, le Khoums sera dû dans cette langue dans laquelle je m’adresse à vous.

On m’a demandé que je m’exprime en français, c’est une première, aussi bien pour vous que pour moi, du haut de ce Mimbar, mais, soyez-en sûr, qu’elle ne sera pas la dernière.

Je ne veux pas trop m’étaler sur la question de langue, ce qui ne constitue pas notre sujet d’aujourd’hui, aussi je ne veux pas perdre les quelques bonnes minutes qui me sont offertes pour parler de l’évènement du jour.

En effet, Allah annonce dans le Verset du Saint Coran que j’ai eu l’honneur de vous réciter en ouvrant ce sermon………..

Allah, Lui-même, est Le Très Miséricordieux, Le Tout Miséricordieux, cette Miséricorde forme l’un des Attributs d’Allah, Allah a concrétisé Sa Miséricorde en la personne de Son Messager et l’a envoyé pour tout l’univers, pour tous les mondes qu’Il a créés et dont Il en est Le Seigneur. « Rabbil Aalamîne » Le Seigneur de tous les mondes et « Rahmatan’lil Aalamîne » Ô Mouhammad ! Tu es la miséricorde pour tous les mondes. Allah s’est servi du même mot « Aalamîne » c’est-à-dire partout où va Sa Seigneurie, Son Autorité Divine, va aussi la miséricorde de Son Prophète !

Et ce même Prophète d’Allah dit dans un de ses Hadiths :

« Le Moamine est celui auquel d’autres Moamines peuvent confier leur vie et leurs biens. Le Moamine est celui qui ne gêne pas les autres Moamines par ses mains et par sa langue. »

Vous voyez qu’un Moamine est, dans son sens restreint, une miséricorde, une protection, un appui pour son frère. En me servant de cette réflexion, laissez-moi dire que celui qui s’accroche à la miséricorde du Saint Prophète doit d’abord réfléchir et méditer, à y regarder deux fois, combien, lui-même, est-il miséricordieux pour son frère ? Combien est-il son protecteur ? Son appui ? Combien lui est-il utile ?

Une personne se rendit auprès du Saint Prophète et porta plainte contre son voisin, disant qu’il l’importune et le prive de tout repos.

« Sois patient, lui répondit l’Envoyé de Dieu, avec plein de douceur. Endure le mal et ne provoque pas de scandale contre ton voisin, peut-être changera-t-il de comportement, » ajouta le Prophète.

Comment, celui qui avait proclamé auparavant que « l’ange Gabriel m’a tellement recommandé sur le voisin que j’ai cru qu’il allait en faire un héritier, » dirait, aujourd’hui, le contraire ?

Le Prophète le réconforta et l’homme rentra chez lui.

Après quelques jours, il retourna et renouvela sa plainte.

A la manière du Saint Coran qui déclare, dans sa 2è Sourate et en son 153è Verset : « Innallah Ma’assabérine » (En vérité, Allah est avec ceux qui endurent), le Saint Prophète lui conseilla, cette fois, encore et avec une sagesse qui lui est propre :

« Sois patient et endure. »

L’homme repartit, sans dire un mot, la soumission, l’obéissance étant la signification de l’Islam, « Ati-oullah wa ati-ourrassoul » (Obéissez à Allah et au Messager) prescrit le Livre Sacré dans sa 3è Sourate et à son Verset 32, confiant dans les paroles consolatrices du Prophète, il pensa, peut-être, que son problème était réglé.

Mais quel ne fut son étonnement lorsqu’il vit que le caractère de son voisin n’avait changé d’un iota ! Il revint une troisième fois, sans hausser le ton, ni retrousser les manches, et déclara sans être rouge de colère:

« Yà Rassoulallah ! (Ô le Messager d’Allah !) Mon voisin ne renonce pas à son comportement et nous cause du dérangement.

- Vendredi prochain, lui répondit, cette fois, le Saint Prophète, sortez de chez vous tous vos mobiliers et toutes vos affaires et mettez-les au vu du public, sur la voie où passent les gens pour aller à la Mosquée afin d’accomplir la Prière Solennelle de ce jour béni. Ils vous demanderont : “ pourquoi avez-vous répandu vos effets sur la voie publique ? ” Dites-leur clairement que c’est à cause d’un mauvais voisin et exposez vos doléances à tout le monde. »

Mohataram Hajariné Mehfil !

Vous voyez que la Miséricorde Divine en la personne du Messager d’Allah choisit, pour punir le contrevenant, un jour de vendredi, le Prince des jours, un jour de prière, de l’adoration, de demande de pardon et de la miséricorde. Il voulut faire connaître que la miséricorde n’est pas le synonyme de la pagaille, du désordre, de la désobéissance, de l’indiscipline. La liberté a ses limites, elle s’arrête là où commence celle des autres. La société prime sur l’individu. La loi est, justement, faite pour protéger les droits de chacun. Dura lex Sed lex (la loi est dure, mais c’est la loi). L’endurance va porter ses fruits maintenant. La patience est amère, dit-on, mais ses fruits sont doux. Le temps est, donc, venu, pour notre plaignant de cueillir ses fruits.

C’est ce que fit cet homme. Le voisin nuisible, qui s’imaginait que celui qui annonçait que « Bhou’iss’tou li outammimà makarimoul akhlaq » (je suis envoyé pour parfaire la Haute Morale,) cet Envoyé d’Allah donnerait à jamais l’ordre d’endurer et de prendre patience, ignorant que lorsqu’il est question d’écraser l’oppression et de défendre les droits (l’arabe n’a aucune suprématie sur le non arabe, ni le blanc sur le noir, ni le riche sur le pauvre), lorsqu’il s’agit d’éliminer l’indiscipline et rétablir l’ordre, de briser la loi du plus fort qui n’a pas sa place dans la vie communautaire, l’Islam ne reconnaît au transgresseur ni respect, ni honneur.

Ainsi, dès que le voisin récalcitrant apprit le verdict, courut vite chez son plaignant, sans avocat pour se défendre à tort.

(Je ne sais pas si le Barreau des Avocats existait dans le temps, notre Maître est bien habilité à y répondre !)

Il n’y alla pas, bien sûr, par quatre chemins, il courba sa tête, il se plia et supplia, il se confondit en excuses et implora l’homme de faire rentrer toutes ses affaires chez lui. Il s’engagea, sur le champ, à ne plus tourmenter, d’aucune manière, son voisin.

Mohataram Hajariné Mehfil !

Je laisse à votre soin d’en tirer la conclusion et, avant de clore mon Takrir, si vous me permettez, je voudrais citer quelques Hadiths de notre 6è Imam, H° Jaafar Sadiq a°, dont l’heureuse naissance, ce n’est pas un hasard, mais une Volonté Divine, qui coïncide avec celle du Premier et du Dernier Envoyé d’Allah, le Sceau des Messagers, le Prince des Prophètes, H° Mouhammad (saw) :

(Notre Secrétaire Général vient de nous dire qu’il a écrit son discours de son pouce et de son index, j’ai fait de même, à cette seule différence que mes doigts sont un peu plus longs ! Ne vous inquiétez pas, je touche à la fin)

- Si vous voyez quelqu’un faire régulièrement le Namaz et accomplir les Rojà de Mahé Ramadhan, ne vantez pas ses mérites, ne criez pas, ne le glorifiez pas, avant de constater combien il est instruit religieusement, comment est son savoir, que connaît-il de l’Islam ? L’Imam nous apprend que sachez faire la différence entre un âne et un cheval, un homme et un animal, un savant et un ignorant !

- Celui qui s’enorgueillit, se vante, se pare des plumes du paon, manifeste, en réalité, l’insignifiance de son savoir. L’Imam nous enseigne que rien ne sert d’étaler ses connaissances. Regardez la lune qui disparaît 2 jours à la fin de sa course, tous les yeux sont braqués à l’horizon pour apercevoir le fil de lumière qui marquera le début du mois ! Plus la branche est garnie de fruits, plus elle se courbe sous le poids de sa charge ! Seul le ballon se gonfle d’air et s’envole dans l’atmosphère !

(Tandis que je descends du Mimbar, laissons le ballon monter très haut, mais accompagnez-le d’un Grand Salwat !)


Note: les écritures en bleu ne figurent pas dans le texte original, elles ont été prononcées au moment du discours.


Nissarhoussen RAJPAR


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